Ou comment rater une transformation en deux leçons chrono
Nos gouvernants savent-ils vraiment transformer le pays ? La suppression de deux jours fériés proposée par le Premier ministre François Bayrou mérite un petit détour analytique (et un sourire en coin).
Positivons un instant (soyons joueurs)
- Simple et clair : tout le monde comprend l’impact. Deux jours en moins, c’est concret, chiffrable, visible.
- Un bon sujet de conversation : ça détourne l’attention de débats plus idéologiques (« taxer les riches », « faire payer les entreprises »…).
- Un geste de rupture : le gouvernement montre qu’il ose « casser un tabou ».
Bref, une mesure modeste qui a occupé beaucoup de place dans le débat public.
Mais au final… c’est ballot
D’abord cette décision frappe encore une fois exclusivement les salariés. Retraités, étudiants, inactifs : eux ne bougent pas d’un iota.
Et surtout, elle percute de plein fouet notre Monde domestique : vacances, repos, famille, … Autant dire que chacun se sent personnellement attaqué. Résultat : salariés de gauche, de droite, syndiqués ou pas, tous unis… contre la réforme.
Et quand plus de 75 % d’un pays est contre, devinez quoi ? On ne s’oppose plus seulement aux deux jours fériés, mais à l’ensemble du plan de rigueur. Tout ça pour deux malheureux jours de travail en plus ? Franchement, c’est « ballot » (pour rester poli).
Quels enseignements pour nos transformations d’entreprise ?
- Ne jamais créer l’union sacrée des opposants : viser tout le monde en mode « civique » est la meilleure façon de mobiliser… contre soi.
- Attention au Monde domestique : dès qu’on touche à la sphère personnelle (temps, repos, équilibre de vie), les réactions sont épidermiques.
- Privilégier le Monde marchand : là, on peut négocier. Une prime contre une flexibilité, un coût contre un gain. On divise les opposants, on ouvre la porte à des compromis.
- Préparer l’opinion en amont : occuper le terrain, ouvrir des débats sans donner la solution, multiplier les fronts pour que les oppositions se dispersent. (Donald Trump, que l’on aime ou pas, a parfois su manier cet art du brouillage).
Transformer, ce n’est pas seulement être rationnel, technocrate ou « énarque industriel ». C’est aussi du marketing, du timing et parfois… un peu d’humour. Sinon, on risque de faire tomber tout un plan pour deux pauvres jours fériés.
Chez P-Val by Circle Strategy, nous en sommes convaincus : pour réussir les transformations, il faut penser en termes de Mondes. Car vos équipes n’habitent pas vos « plans », elles habitent un Monde. Et c’est ce Monde qu’il faut savoir ajuster.
Alors… on en parle avant de supprimer Noël ?
Laurent