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Réforme de l’ENA, pourquoi les bonnes questions n’ont-elles pas été posées ?

Avril 2021

 

« C’est la faute de l’ENA ». Il est devenu courant de rejeter l’échec des politiques gouvernementales sur la haute administration, et donc sur l’ENA. Erreur grave de méthode dit le consultant que je suis. Erreur n°1, le problème n’est pas bien posé (le problème est devenu « l’ENA ») ; erreur n°2, les causes de ce problème pas bien posé ne sont pas formulées ; erreur n°3, puisque ni le problème, ni ses causes ne sont claires, il est statistiquement improbable que la solution de créer un Institut du Service Public (ISP) soit la bonne (diversification des profils des élèves, nième changement des cursus et gestion différée de l’accès aux grands corps).

 

Critiquer c’est bien, proposer c’est mieux. Voilà les sept questions que nous aurions posées, dans cet ordre :

Question n°1 : que veut-on faire de l’État ? à quoi doit-il servir ? quel est son rôle ? quelles sont ses missions ? comment conduire l’action publique ?

Question n°2 : quel est le rôle de de la haute administration pour faire réussir cet État ?

Question n°3 : en quoi le Monde-Actuel de cette haute administration n’est plus adapté à ces nouveaux enjeux et à ces nouveaux rôles ? Exemple : ce Monde a une aversion au risque, pas par couardise mais par peur des conséquences sur les carrières. Exemple : ce Monde est fondé sur le droit administratif, tout prévoir sans se soucier de la complexification qui en résulte. Preuve, un des deux grands corps du classement de sortie de l’ENA est le Conseil d’État, l’instance juridique suprême du droit administratif.

Question n°4 : quel est le Monde-cible qui doit permettre de faire réussir les missions de l’État ? Exemple : dans ce nouveau Monde, les hauts fonctionnaires pourraient être reconnus par leur capacité à gérer des projets, dont la réussite nécessite d’embarquer un écosystème qui dépasse les structures de l’État (traduction sur la vaccination : l’industrie pharmaceutique, la médecine privée, Doctolib, les collectivités, les experts en logistique, tous les ministères concernés) ; qui doivent être gérés sous contraintes de temps et de ressources rares ; sous pression d’une opinion publique pas totalement acquise et d’hommes politiques pas toujours courageux ; avec une capacité d’anticipation forte ; et des objectifs de résultat.

Question n°5 (et seulement quand les 4 autres ont été traitées) : en quoi l’ISP va être une passerelle de ce changement de Monde, porteuse de son sens profond. Par son système de recrutement, son cursus, son système de classement. Exemple : si l’étudiant à l’ISP sait qu’il sera jugé pour son classement de sortie sur sa capacité à gérer des projets complexes, il deviendra aussi bon sur ce sujet que ses prédécesseurs l’étaient en droit administratif.

Question n°6 : quelles sont les autres passerelles nécessaires ? Par exemple sur le système de performance de valorisation et de promotion des hauts fonctionnaires.

Question n°7 : comment faire pour que l’ISP reste aussi attractive pour les cerveaux de la république que l’ENA l’était.

 

Ces questions sont celles qui nous servent pour aider nos clients à réussir à créer leurs nouveaux Mondes de performances et les passerelles pour y parvenir. Appliquez-les à vos projets de transformation et appelez nous si vous avez envie d’être challengé.

 

Bruno Jourdan

Le métier de P-VAL est de créer le Monde qui va faire réussir vos stratégies

 

 

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